mercredi 14 janvier 2009

Je préfère manger à la cantine

La Cantine, plutôt.

et pour une idée de ce qui s'est dit pendant le débat auquel j'ai participé, c'est ici.
Et en fait, j'ai mangé dans trois cantines asiatiques différentes, le meilleur étant décrit ici.

Temps mou


Trouvé sur Oobjects, un site plein de listes d'objets et de gadgets classés par série.

J'ai bien aimé les éoliennes.

… j'en étais où au fait ?

bah, peu importe.
L'essentiel est que nous sommes au mois de janvier, que la traduction d'Il est parmi nous est pour ainsi dire terminée,que j'ai pris l'engagement solennel d'écrire la suite de la Saison des singes durant le premier semestre et que les nouveaux voisins ont coupé leur cerisier.

Les nouveaux voisins, que personne qui lira ces lignes ne connaît et que je ne connais qu'à peine moi-même, vu que je les ai vus trois ou quatre fois cet été, essentiellement un monsieur très gentil qui venait nous demander poliment si on pouvait déplacer notre voiture pour qu'il puisse sortir sa remorque pleine de gravats de son garage nouvellement acquis. J'avais également noté la présence d'une dame, d'une petite fille de pas plus de cinq ans et d'une chatte écaille de tortue. Des gens normaux, quoi. Sympas et tout. Et voilà qu'hier je sors faire des courses et que l'énorme vieux cerisier qui était dans leur jardins n'était plus là. Coupé. Envolé. Kidnappé par des extra-terrestres. Je vais regarder quoi, moi, au printemps, quand je sortirai de chez moi ? Parce qu'il fleurissait, le cerisier. Il faisait des cerises. Et je pensais aux gens qui avaient la chance de roupiller sous leur cerisier et de manger des cerises. Je vais en penser quoi, moi, des voisins, au printemps, avec leur jardin tout nu et sans cerises !!!!!!
Peut-être qu'ils veulent faire une piscine, a dit Roland.
Peut-être.
Peut-être que le cerisier était en train de pousser ses vieilles racines dans leur future cuisine équipée, va savoir.

Et là, je m'arrête et je me dis, tiens, est-ce que je peux mettre un lien google map sur voisins ? non, ça ne se fait pas. Mais je pourrais. Ou vous pourriez chercher mon adresse et regarder sur une carte ou se trouvent les voisins et leur jardins et leur absence de cerisier. Quoique. Non, je viens de vérifier, il n'y a pas de bonne photo satellite à l'échelle permettant de voir les arbres, il ne reste donc même pas de trace virtuelle de ce fichu arbre…
Bon.
S'ils ne creusent pas de piscine, ils ont intérêt à planter des trucs agréables à regarder, les voisins.

mardi 28 octobre 2008

Bifrost 52 :


Lorsque l’aide psychologique affectée aux longues peines m’a demandé de rédiger un compte-rendu sur les circonstances qui m’ont amenée ici, elle a précisé que je pouvais avoir accès à la réalité synthétique de mon choix.
— Si vous en avez besoin pour vous détendre, vous mettre en condition, a-t-elle ajouté, n’hésitez pas.
Je lui ai demandé si elle se fichait de moi.
— Bien sûr que non !
— Vous ne savez pas pourquoi je suis ici ?
— Je ne consulte jamais cette partie des dossiers qui me sont confiés.
J’ai ricané.
— Pour ne pas gaffer, j’imagine.
— Et porter sur mes patients un regard aussi neutre que possible.
Pardon ? Un regard quoi ? Sur des patients condamnés et internés ? Elle se fichait de moi. Je m’en croyais pas mes oreilles, j’avais envie d’attraper le petit dossier posé bien droit devant elle et de le lui jeter à la figure, comme dans ces scènes de vieilles séries télés où des types pètent les plombs dans des pièces vides, quelque part au fond d’un commissariat… Mais bon… Je n’ai donc rien fait et rien dit.
Pas parce qu’elle avait l’air plus sincère que quiconque dans cet établissement, mais parce que le règlement stipule que les prisonniers enfermés pour problèmes d’adaptation sociale paient leur conseiller psychologue grâce au salaire que la clantreprise leur octroie en contrepartie de « travaux d’intérêt général ». En résumé, je la payais pour qu’elle ait l’air sincère. Je ne pouvais pas me plaindre parce qu’elle y parvenait.

mercredi 23 juillet 2008

nouvelles fraîches !



Or donc, un petit point niouzes :

à paraître : Les Clés du paradis, nouvelle dans Bifrost en octobre. Avec illustration !!!

Les îles dans le ciel : Le peuple du Cygne.
en Octobre chez Mango, Autres Mondes.
Couverture François Baranger

Et puis une petite expérience, pour le plaisir de faire quelque chose que je ne pourrais pas faire sans le net : votez pour moi !

mardi 27 mai 2008

Fin de l'interlude, peut-être…


Le problème, quand on parvient à se tenir à un blog (aussi léger et anecdotique soit-il), c'est que si on l'interrompt, on se sent vaguement obligé de dire pourquoi. En tout cas je me sens obligée, même si vous n'êtes pas nombreux à passer par ici, quelque chose (sitemeter) me dit que certains suivent…

Or donc, nous fûmes à Genève, sauvés des errements logistiques par Vincent Gessler et ses potes (heureusement que t'étais là), et à Peyresq, dans les montagnes de la photo ci-dessus, avec d'éminents et sympathiques universitaires pour parler de Kipling.
C'était bien la première fois qu'il me suffisait de pointer par la fenêtre pour expliquer ce que j'étais en train d'écrire : un bouquin pour ados et pour Mango qui se passe sur une planète dont la population vit dans les nuages, si si. Sauf qu'à Peyresq nous avons été dans le nuage et sous la pluie la plupart du temps, mais qu'importe…

Ravie je suis d'écrire enfin pour les djeunzes. Ce sont les lectures de jeunesse qui marquent le plus, non ? Sortie à la rentrée. Précisions ici lorsque j'en aurai…

Et pendant que nous étions dans les montagnes à causer de Kipling (et soit dit en passant, ce fut un plaisir de découvrir ses nouvelles de SF) le festival de Cannes se déroulait et donna la Palme à un film du réalisateur qui a pondu le machin le plus décevant que j'ai vu ces dernières années (oui, j'ai vu La Guerre des Mondes avec Tom Cruise à Peyresq, mais je n'attendais rien !!!).

Ressources Humaines. Ah. Ce truc. Critiques dithyrambiques.
Je vais le voir. Première scène : un étudiant rentre chez lui, celui qui a fait des z'études et viens d'un milieu ouvrier. Les parents fiers. Le mec gêné. Très bien vu.
C'est après que ça se gâte : le type se retrouve en stage de DRH dans l'usine où son père bosse depuis trente ans, brave type, respect du patron, du travail, tout ça… et l'autre naze, jamais il s'est dit que c'était pas une bonne idée comme stage ? Jamais jusqu'à présent (il a bien dû revenir chez lui avant, non, c'est ce que font les étudiants), il ne s'est aperçu qu'un fossé se creusait entre lui et ses anciens potes, entre lui et son père ?????
OK. C'est une andouille, on lui a lavé le cerveau dans son école de commerce et il a rien vu, pourquoi pas, on peut faire un film sur une andouille, mais qu'aucun critique ne trouve que la situation est complètement artificielle, une prétexte mal foutu destiné à permettre au réalisateur de nous infliger un pensum sur les trente-cinq heures, avec des acteurs amateurs qui jouent mal des rôles stéréotypés, c'est hallucinant.
Je n'ose imaginer ce que ça donne avec ce film sur l'école…

Pendant ce temps, entendre répéter les chiffres d'entrées de certain film se déroulant dans le Nord me donne envie d'écouter du Brassens. Sauf que pas moyen de trouver une vidéo sympa sur le net.
J'ai mauvais esprit, je sais :

C'est vrai qu'ils sont plaisants tous ces petits villages
Tous ces bourgs, ces hameaux, ces lieux-dits, ces cités
Avec leurs châteaux forts, leurs églises, leurs plages
Ils n'ont qu'un seul point faible et c'est être habités
Et c'est être habités par des gens qui regardent
Le reste avec mépris du haut de leurs remparts
La race des chauvins, des porteurs de cocardes
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Maudits soient ces enfants de leur mère patrie
Empalés une fois pour toutes sur leur clocher
Qui vous montrent leurs tours leurs musées leur mairie
Vous font voir du pays natal jusqu'à loucher
Qu'ils sortent de Paris ou de Rome ou de Sète
Ou du diable vauvert ou bien de Zanzibar
Ou même de Montcuq il s'en flattent mazette
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Le sable dans lequel douillettes leurs autruches
Enfouissent la tête on trouve pas plus fin
Quand à l'air qu'ils emploient pour gonfler leurs baudruches
Leurs bulles de savon c'est du souffle divin
Et petit à petit les voilà qui se montent
Le cou jusqu'à penser que le crottin fait par
Leurs chevaux même en bois rend jaloux tout le monde
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

C'est pas un lieu commun celui de leur connaissance
Ils plaignent de tout cœur les petits malchanceux
Les petits maladroits qui n'eurent pas la présence
La présence d'esprit de voir le jour chez eux
Quand sonne le tocsin sur leur bonheur précaire
Contre les étrangers tous plus ou moins barbares
Ils sortent de leur trou pour mourir à la guerre
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Mon dieu qu'il ferait bon sur la terre des hommes
Si on y rencontrait cette race incongrue
Cette race importune et qui partout foisonne
La race des gens du terroir des gens du cru
Que la vie serait belle en toutes circonstances
Si vous n'aviez tiré du néant tous ces jobards
Preuve peut-être bien de votre inexistence
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

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